DOMAINE de CLAIRAC

Toute une histoire !

Les vieux bâtiments du Domaine de Clairac ont été construits sur les vestiges d'une villa Romaine - et plus précisément de thermes. Les deux sources encore pérennes font d'ailleurs toujours venir aujourd'hui quelques inconditionnels de son eau.

Une analyse de cette eau nous a convaincu de la consommer quotidiennement, sans autre filtration que pour les sédiments éventuels. Si les barrières protectionnistes des grands groupes n'étaient pas ce qu'elle sont, nous la commercialiserions avec plaisir !

Les plus anciennes traces écrites que nous avons retrouvé du Domaine remontent au Prieuré des ordres de Ramejan, où au VII° siècle, Clairac était une Abbaye sous la tutelle du Clergé, produisant notamment un Muscat blanc très réputé, dont les écrits de Pepin le Bref font mention.

A la Révolution Française les conflits avec le prieur mènent en 1800 à la vente de l'Abbaye de Clairac, qui devient alors une propriété viticole privée.

Au XXème siècle les vignes du Languedoc sont les mieux placées pour faire face à la forte demande de l'armée durant les deux guerres mondiales. La mécanisation puis l'arrivée massive des engrais et traitements chimiques rendent les vignes exsangues et démolissent une tradition millénaire. Le Domaine de Clairac a moins subi cette pression (certains de nos voisins sont montés à 400 hl/ ha !) car ses anciens propriétaires ont fait le choix d'une agriculture biologique dès le départ, qui ne permettait pas des rendements aussi déraisonnables. Le Domaine a donc axé la commercialisation de ses vins exclusivement sur les marchés bio, et en tant que pionnier, décroche partout la première place, en particulier en Allemagne où son essor est spectaculaire dès le début des années 1970. Bientôt concurrencé dans cette niche et n'ayant pas d'autre valeur ajoutée, il s'enlise dans une guerre des prix qui le mène à sa perte au début des années 2000.

Sur la liste des acheteurs, en Bourgogne, un couple obstiné et passionné cherche à s'installer - non issu d'une famille de vignerons mais possédant une profonde dévotion. Elle vibre depuis l'âge de 12 ans pour l'excellence et les beaux vins expressifs, et comme tout commence à la vigne ils cherchent un grand potentiel à valoriser. Ironiquement, juste après avoir fait une croix sur le Languedoc pour cause de vignes exsangues, ils entendent parler du Domaine de Clairac. C'est plus de surface qu'ils prévoyaient, (alors 35 ha), plus compliqué aussi, car tout le portefeuille clients était à refaire: il était urgent de s'arracher des griffes des négociants. Mais ce qu'ils cherchaient à travers le monde viticole était enfin là: des cépages autochtones bien plantés, et un beau terroir qui sera d'autant plus expressif qu'il est vivant (quel rareté à notre époque !)

S'endettant pour 25 ans, Deborah reprend les rennes avec le soutien inconditionnel de ses amis vignerons et surtout de son mari Olivier qui a suivi entre temps une formation de science de la vigne à Dijon. Mais très vite l'exploitation s'est révélée dans un état financier bien plus grave que ce qui avait été vendu, rendant insuffisants les fonds initialement réunis. Dos au mur, il n'y a plus d'autre choix que le travail acharné. Tellement de tensions amènent au divorce, mais les deux ex époux deviennent paradoxalement plus soudés que jamais. En 2008, à force d'intransigeance sur la qualité et l'authenticité des vins, c'est dans l'ombre des dégustations à l'aveugle que le miracle se produit. Un groupe d'investisseurs amateurs de grands crus découvrent la cuvée « Chipie ». Ils suivent alors sa propriétaire pour l'aider à travailler dans de meilleures conditions et financent le remodelage de l'exploitation - avaient déjà été arrachés 11 hectares de « tout ce qui est médiocre », mais ils lui permettent d'en reprendre sur Berlou, l'une des 3 appellations village du Languedoc, une rareté qui se justifie effectivement par le caractère absolument unique de ses sols Schistes.

Parallèlement, malgré le manque cruel de temps pour la commercialisation et la reconnaissance des médias, le bouche à oreille grandit, les encouragements des consommateurs se multiplient, et les ventes suivent, enfin, cette fois dans les bons réseaux, auprès de cavistes tout aussi obstinés et passionnés.

Mais il n'est pas question de souffler - chaque millésime est un nouveau défi, chaque cuvée est précieuse car elle véhicule l'image du Domaine. Quand on n'a pas la chance d'avoir derrière soi une étiquette renommée par le travail de ses aïeux, il faut combler cette lacune par une vraie différence et en faire la preuve par chaque bouteille.